La littérature de jeunesse, au coeur du dialogue entre les générations

Et si les individus que nous devenons n’étaient que le fruit de nos lectures d’autrefois ? Et si la littérature de jeunesse façonnait activement l’identité des nouvelles générations, imprégnées de contes moralistes ? Et si finalement, cette littérature d’antan n’était qu’un pont intergénérationnel permettant de mieux comprendre le futur ? Max Butlen, maître de conférence et directeur adjoint de l’IUFM de Versailles, revient sur les lectures de notre enfance, s’interrogeant sur les bases possibles pour construire une culture littéraire commune et sur les critères de choix d’analyse et d’appréciation des ouvrages littéraires pour la jeunesse.

Partage des émotions

La littérature de jeunesse peut être une occasion de faire se rencontrer et de dialoguer les générations – même les plus éloignées les unes des autres – autour de textes lus en commun. Max Butlen cite notamment l’exemple de la Chasse à l’Ours, ouvrage qui s’adresse aux plus petits mais qui peut être lu avec plaisir par les adultes. Ce type d’ouvrage s’inscrit dans le plaisir des sons et des mots dits ensemble et partagés.
Max Butlen présente également la richesse des émotions qui peuvent être ressenties et partagées par des livres comme A deux c’est mieux, qui donne à voir l’enfance… y compris aux enfants eux-mêmes.


Richesse des thématiques

Max Butlen souligne que les meilleurs ouvrages pour la jeunesse sont très souvent des textes qui interrogent les jeunes sur le sens de la vie et le rapport qui s’établissent entre les hommes. Des livres comme l’Agneau qui ne voulait pas être un mouton, édité par Amnesty International, donnent aux enfants de précieuses clés de compréhension du monde dans lequel ils seront amenés à vivre. Les thématiques traitées par les livres de jeunesse sont d’une extraordinaire variété et n’évitent aucun tabou, tel que la mort, évoquée dans l’Enterrement ou l’exclusion, traitée par les Petits bonshommes sur le carreau.


Richesse des thématiques

Max Butlen souligne que les meilleurs ouvrages pour la jeunesse sont très souvent des textes qui interrogent les jeunes sur le sens de la vie et le rapport qui s’établissent entre les hommes. Des livres comme l’Agneau qui ne voulait pas être un mouton, édité par Amnesty International, donnent aux enfants de précieuses clés de compréhension du monde dans lequel ils seront amenés à vivre. Les thématiques traitées par les livres de jeunesse sont d’une extraordinaire variété et n’évitent aucun tabou, tel que la mort, évoquée dans l’Enterrement ou l’exclusion, traitée par les Petits bonshommes sur le carreau.


Variété des interprétations

Max Butlen évoque certains livres, comme le Voyage d’Oregon, dont la richesse les rend susceptibles de plusieurs lectures ; leur force évocatrice est telle qu’ils posent à leurs jeunes lecteurs des problèmes de compréhension et d’interprétation et permettent de donner naissance à des débats entre les générations. Mais si la littérature de jeunesse est source d’échanges intergénérationnels, encore faut-il savoir sélectionner les textes les plus intéressants ; or, en France, la production éditoriale est pléthorique. Max Butlen revient sur quelques critères de sélection, comme la dimension pédagogique de l’œuvre.


Critères de choix

Au titre des critères qui permettent de sélectionner une œuvre pour la jeunesse, Max Butlen cite entre autres l’univers culturel de référence de l’œuvre, qui ne doit pas être trop éloigné des connaissances du lecteur, des autres œuvres qu’il connait et de ses valeurs, tout en lui permettant d’aller plus loin dans sa formation. Naturellement, le niveau de langue, la manière dont les choses sont racontées, les jeux de langage, la construction littéraire narrative, etc. sont d’autres critères importants. Max Butlen évoque aussi la capacité d’identification des jeunes lecteurs aux personnages. Il souligne que les œuvres de littérature pour la jeunesse les plus qualitatives sont celles qui permettent de créer une culture commune.