Jésuite, psychologue clinicien, psychanalyste puis hypnothérapeute, François Roustang n’a cessé d’étonner par la puissance de sa pensée qui voulait tendre au plus simple et au plus efficace avec ses consultants et avec lui-même. Ses stratégies thérapeutiques bousculent, provoquent, étonnent, mais toujours avec une immense bienveillance. Il voulait aider ses patients à sortir de leur souffrance. Dr Jean-Marc Benhaiem, directeur du diplôme universitaire d’hypnose médicale à La Pitié-Salpêtrière à Paris retracera le chemin de ce clinicien qui enrichit la pratique de l’hypnose pour faire « basculer » ses patients vers la guérison.
1. Rejet de la surmédication (00:00:59 – 00:01:40)Le narrateur, médecin en centre de la douleur et addictologie, explique sa lassitude face à la prescription systématique de médicaments pour chaque symptôme (antalgiques, somnifères). Il souhaite explorer les ressources internes des patients qui refusent parfois la chimie.
2. Découverte de l’hypnose médicale (00:01:40 – 00:02:49)Après avoir vu une affiche à Boulogne, il se forme à l’hypnose avec le Dr Léon Chertok. Il commence à l’appliquer immédiatement, constatant qu’il peut réduire les doses de médicaments, même pour des douleurs chroniques ou post-opératoires.
3. Applications cliniques diverses (00:02:49 – 00:03:39)L’hypnose s’avère efficace pour les addictions (tabac, alcool, cannabis), les phobies et les douleurs complexes comme les membres fantômes. Le médecin déplore cependant que les formations de l’époque soient trop centrées sur la psychologie et pas assez sur le corps.
4. Collaboration avec François Roustang (00:04:03 – 00:04:55)Il contacte François Roustang pour créer une formation intégrant davantage la dimension corporelle. Malgré les réticences de Roustang qui n’est pas médecin, ils lancent ensemble la première formation à l’hôpital Ambroise Paré.
5. Institutionnalisation de la pratique (00:04:55 – 00:05:48)Le conférencier est à l’initiative du premier diplôme universitaire (DU) d’hypnose médicale en France, établi à la Pitié-Salpêtrière. Il souligne la coïncidence historique du retour de l’hypnose dans ce lieu emblématique.
6. La philosophie de la « Perception Élargie » (00:08:42 – 00:13:33)L’hypnose est définie comme un passage d’une « perception restreinte » (fixation obsessionnelle sur le problème ou la douleur) à une « perception élargie ». En « lâchant » la focalisation, le patient devient capable de voir de nouvelles possibilités thérapeutiques.
7. Posture du soignant et bienveillance (00:14:08 – 00:16:24)Le thérapeute doit créer un espace sécurisant et non jugeant. Roustang insistait sur une « liberté par rapport au résultat » : le soignant ne doit pas vouloir guérir à la place du patient, mais l’accompagner sur son propre chemin.
8. Mode Intellect vs Mode Sensoriel (00:16:47 – 00:23:03)Le conflit vient souvent d’un excès du mode « intellect » (contrôle, analyse) au détriment du mode « sensoriel » (ressenti corporel). L’hypnose permet de vider la tête pour laisser les pensées descendre dans le corps et retrouver une unité.
9. Créativité et métaphores corporelles (00:25:28 – 00:31:33)Le médecin utilise des techniques originales : demander aux épaules de résoudre un problème ou suggérer aux patients de « fondre dans le fauteuil ». Ces approches visent à décloisonner les aires cérébrales et remettre en circulation ce qui était figé.
10. La fin de la plainte (00:33:17 – 00:37:31)À travers une vidéo de l’émission Bouillon de Culture, Roustang explique que la thérapie doit interrompre la plainte pour que le patient cesse de « jouir de sa souffrance ». L’objectif final est de se tourner vers l’extérieur, à l’image d’un grand footballeur ayant une vision panoramique du jeu.